Mettre en scène la beauté
« La mode est l’expression d’une époque. L’élégance est tout autre chose. »
HORST P. HORST
Très tôt, Gala et Salvador Dalí se font photographier par les professionnels les plus prestigieux du moment. Conscients de la valeur et de l’impact de l’image, ils défilent devant l’objectif de grands artistes du XXe siècle, comme Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton, Irving Penn ou Philippe Halsman. Avec plusieurs d’entre eux, ils entretiennent des relations professionnelles et personnelles durables, notamment avec Horst P. Horst.

Les photographies de Gala et de Salvador Dalí mettent en évidence les traits les plus caractéristiques du style de Horst. Malgré leur naturel apparent, ces portraits de studio sont conçus presque comme des sculptures : lumière, composition, geste… Tout est minutieusement étudié. Horst ne cherche pas la profondeur psychologique ; il veut capturer l’image la plus esthétique, la plus élégante.
Si l’œuvre de Horst est, par essence, une projection idéalisée de la réalité, les planches-contact de l’artiste révèlent en revanche un regard complice et détendu. Elles témoignent de la chaleur et de la confiance qu’il parvient à instaurer avec ses modèles.
« Le vêtement est essentiel pour triompher. Dans ma vie, rares sont les occasions où je me suis abaissé à m’habiller de façon ordinaire. Je porte toujours l’uniforme Dalí. »
SALVADOR DALÍ
LA GARDE-ROBE DE GALA ET DALÍ
Le vêtement constitue un élément central de la mise en scène de Gala et de Salvador Dalí. C’est un outil d’expression, même lorsque l’image est créée par d’autres. Avant de prendre place devant l’objectif, ils choisissent leurs vêtements et accessoires avec soin. Rien n’est laissé au hasard. Gala opte pour des vestes sophistiquées réalisées sur mesure par Arthur Falkenstein — couturier prisé des cercles artistiques nord-américains —, qu’elle porte avec des colliers signés Coco Chanel. Dalí, pour sa part, accorde une attention particulière aux détails : une épingle de cravate ornée d’un portrait de cardinal ou une cravate Pierre Cardin, avec son nom brodé de strass, accompagnent sa moustache iconique.

Salvador Dalí / Horst P. Horst
c. 1957
Gouache et huile sur photographie
Fundació Gala-Salvador Dalí

Horst P. Horst
c. 1957
Arxiu Fundació Gala-Salvador Dalí

c. 1947
Lin et coton
Fundació Gala-Salvador Dalí, NI P1378

Veste de soirée
c. 1951
Velours, sergé de laine, passementerie et crochet
Fundació Gala-Salvador Dalí

Veste de soirée
c. 1956
Velours de soie, fils métalliques et sequins
Fundació Gala-Salvador Dalí
LE FONDS HORST P. HORST
L’exposition Dalí/Horst. Regards croisés est née de l’étude et de l’inventaire du précieux fonds documentaire consacré au photographe et conservé à la Fundació Gala-Salvador Dalí. Cette recherche a permis d’enrichir la collection par l’acquisition de magazines et de monographies d’époque, et d’établir un contact avec The Horst Foundation, une institution consacrée à la préservation et à la diffusion de l’œuvre du célèbre photographe.
Ce fonds comprend principalement des portraits et des planches-contacts de portraits de Gala et de Salvador Dalí, ainsi que des ouvrages spécialisés et des exemplaires d’époque de la revue Vogue. Il inclut également des portraits de la chroniqueuse mondaine Elsa Maxwell et du mannequin Estrella Boissevain, également connue comme torera et danseuse de flamenco. On y trouve aussi plusieurs planches-contacts issues d’une séance de prise de vue avec le jeune acteur William Rothlein, pressenti pour incarner Salvador Dalí dans un projet de biopic.
Parmi ces pièces figure notamment un portrait inédit de Gala, rehaussé à la gouache et à l’huile par Salvador Dalí, ainsi que plusieurs tirages d’un collage conçu par l’artiste à partir de deux photographies de Horst, publié dans Vogue en juin 1943. Cette image était destinée à présenter « Madame Salvador Dalí » au public américain.
